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Yannis Behrakis est photographe de presse pour Reuters depuis 1987. Sa série « Les Persécutés », qui suit l’arrivée des migrants et des réfugiés de guerre en Grèce, a reçu le Grand Prix Nikon et le Prix du Public du dernier Prix Bayeux Calvados des reporters de guerre. Yannis Behrakis raconte ici les conditions de ce reportage à travers les 15 photos qui composent la série. 

Cliquez sur les photos ou activez le mode « Plein écran » pour consulter les légendes de ses photographies.

Alors que le soleil se lève, un canot surpeuplé de réfugiés syriens dérive dans la mer Egée. Son moteur est tombé en panne lors du voyage de la côte turque vers l'île grecque de Kos. Un bateau des Garde-côtes grecs a répondu à des signaux de détresse et est arrivé sur les lieux pour leur porter assistance. 11 Août 2015 - REUTERS / Yannis Behrakis
Un réfugié syrien embrasse sa fille pendant qu’il marche à travers la plus torrentielle en direction de la frontière gréco-macédonienne, à proximité du village d’Idomeni - 10 septembre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis

Qu’est-ce qui vous a amené à traiter de ce sujet ?

La crise des migrants a constitué l’événement majeur dans l’actualité internationale. Selon moi, c’est même l’un des faits humanitaires les plus importants dans l’histoire. Couvrir ce genre d’événement fait partie de mon travail. D’autant plus que cette histoire a un angle « grec ». Je n’oublie pas non plus que, de par ma mère, j’ai du sang de réfugié qui coule dans mes veines, c’est donc devenue une « histoire personnelle ».

Après avoir traversé la Mer Egée depuis la côte turque, des réfugiés Afghans et Syriens luttent pour nager vers les côtes après que leur radeau au moteur cassé ait dérivé au large de l’île grecque de Lesbos. 19 septembre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis
Un migrant Afghan saute d’un radeau bondé sur une plage de l’île grecque de Lesbos, après une traversée depuis la côte turque. 19 octobre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis

Qu’est ce que le Prix Bayeux représente pour vous ? 

C’est toujours important de voir son travail reconnu par ses pairs, encore plus lorsque cette reconnaissance vient du public de Bayeux. C’est la seconde fois que je gagne le Prix du Public à Bayeux (La première fois c’était en 2002 pour mon travail sur l’Afghanistan). Cela signifie que mon travail parle aux gens, que je touche leur sensibilité. Pour les remercier et par respect pour eux, j’ai  fait don de l’enveloppe financière de ce Prix du Public à Médecins Sans Frontières.

Des migrants afghans débarquent sur une plage de l'île grecque de Kos, après avoir traversé à bord d’un zodiac la partie sud-est de la Mer Egée située entre la Turquie et la Grèce - 27 mai 2015 - REUTERS / Yannis Behrakis
Un habitant de l’île grecque de Lesbos tend la main à un réfugié Syrien épuisé qui vient de tomber d’un canot de migrants surpeuplé. 17 septembre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis
Un réfugié syrien soutient ses deux enfants et lutte pour débarquer d’un canot sur la côte Nord de l’île grecque de Lesbos, après avoir traversé la Mer Egée depuis la Turquie. Plus de 850 000 migrants et réfugiés sont arrivés dans les îles grecques en 2015. 24 septembre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis

Lors de la remise du prix, vous avez expliqué que « cette fois la guerre est venue à moi ».

Je couvre les guerres et les catastrophes humanitaires mondiales depuis 25 ans. Cette fois-ci, l’histoire est venue dans mon pays, la Grèce.  Elle est directement venue frapper à ma porte. Toutes ces personnes qui fuient la guerre et les persécutions nous ont demandé de l’aide, de l’hospitalité, notre écoute. J’espère que nous avons répondu à leurs attentes.

Un migrant Afghan vu à l’intérieur d’un bus au Port de Pirée, près d’Athènes, après son arrivée par le Ferry Eleftherios Venizelos avec plus de 2500 migrants et réfugiés en provenance de l'île de Lesbos. 8 octobre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis
Une jeune réfugiée Syrienne se trouve dans un bus au camp éphémère d’accueil de l’île de Lesbos. 21 octobre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis
Une jeune réfugiée syrienne, brièvement séparée de ses parents, pleure alors qu’elle marche en direction de la frontière gréco-macédonienne, à proximité du village grec d’Idomeni. Elle fait partie des 7000 réfugiés et migrants, individus isolés ou famille avec enfants arrivés à pied, par trains, bus ou taxis, laissés à leur sort après avoir passé la nuit dehors sous une pluie torrentielle à la frontière gréco-macédonienne. La police macédonienne a imposé un rationnement dans le flux des réfugiés. 10 Septembre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis
Une enfant réfugiée syrienne en larmes, comprimée par le poids de la foule des migrants qui tentent de progresser - Frontière gréco-macédonienne / village d’Idomeni - 7 Septembre 2015. REUTERS / Yannis Behrakis

En tant que photojournaliste, quel est votre rôle ? 

Mon rôle est d’être un messager, être les yeux et les oreilles qui transmettront les voix des persécutés à une plus large audience. Tout l’enjeu de mon travail est que personne ne puisse dire « je ne savais pas ». Le public comprend les faits à travers mes photos et mes reportages, je les rends responsables.

Un policier grec repousse des réfugiés derrière une barrière - Frontière gréco-macédonienne / village d’Idomeni. Des milliers de réfugiés et de migrants attendent pour traverser la frontière. 9 septembre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis
Des migrants et réfugiés supplient des policiers macédoniens de leur ouvrir le passage pour qu’ils franchissent la frontière grecque vers la Macédoine - village d’Idomeni - 10 Septembre, 2015 - Yannis Behrakis / REUTERS
Un policier macédonien lève son bâton contre les réfugiés et les migrants bloqués à la frontière gréco-macédonienne - village d’Idomeni - 10 Septembre 2015. REUTERS / Yannis Behrakis
Des réfugiés syriens marchent à travers la boue pour traverser la frontière gréco-macédonienne / village d’Idomeni - 10 septembre 2015 - REUTERS/Yannis Behrakis

Je cherche à toucher leur cœur et leur esprit, quitte à choquer leur sensibilité; à eux ensuite de décider d’agir, de rester de simples observateurs ou de tourner le dos à ce drame.

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