Apres avoir passé près de quinze ans à photographier les paysages islandais*, je me suis intéressé à d’autres paysages, à d’autres déserts.

J’aime retourner plus particulièrement depuis quelques années, dans le Colorado, l’Arizona, la Californie, le Nevada, le Nouveau Mexique et l’Utah. Je voulais m’imprégner de ces territoires immenses et désertiques, de ces endroits mythiques qui forment l’Ouest américain.

Ces paysages offrent un éventail d’œuvres minérales créées par une érosion acharnée, passant d’imposants monolithes à des buttes de grès rose, à d’anciennes dunes pétrifiées, à des arches de formes infinies, aux fissures étroites des canyons. Ils évoquent à eux seuls la création du monde. La confrontation est immédiate dans cet espace.

J’allais pouvoir fractionner l’immensité de ces déserts américains dans le cadre de mon viseur, en laissant vivre ces paysages et s’exprimer l’étroitesse des méandres des canyons. Ainsi, j’essaie de représenter ces paysages et donner dans un regard minimaliste, une âme et une lisibilité à ces paysages

Je suis attiré par les «no man’s land», les premières impressions exaltantes de la terre brute, la beauté primitive de ces paysages me parlent. Dans ces lieux, la matière me séduit, les tonalités m’interpellent, le silence m’apaise, le bruit du vent m’envoute…

L’Emprise incompréhensible de ces lieux opère sur moi par une envie simple de m’approprier le lieu photographiquement pour mieux le ressentir, mieux le comprendre. Je m’attache à la compréhension du lieu, concentré en l’occurrence sur les détails, la structure et j’en fais mon « Land Art » personnel.

Dans ma phase de découverte de ces grands espaces je reconnais mon parti pris avec la passion de l’image Noir & Blanc, d’une certaine vision du monde. Plutôt que la consignation des lieux, je veux rester un découvreur, avec un coté rude, un peu aventureux, confronté aux éléments.

Je ne veux pas transiger avec ma volonté d’expression créative et l’excellence technique, je veux organiser les choses dans le viseur, comme cela me semble devoir être. Et là, Nikon m’accompagne bien…

Photographies réalisées entre 2008 et 2015 avec des appareils Nikon D3, D3x, D800e, D810 et les optiques AF-S 16-35 mm f/4G,  AF-S 14-24 mm f/2.8G ED, ED VR, AF-S 24-70 mm f/2.8G ED,  AF-S 70-200 mm f/2.8 G IF ED VRII, PC-E Nikkor 24 mm f/3.5D ED, PC-E Micro Nikkor 45 mm f/2.8D ED,

*(66°N Islande aux éditions TransPhotographicPress 2011)

Avec Raymond Depardon, nous partagerons lors d’un entretien dans mon livre 66N Islande la passion des déserts dans une résonance particulière de nos visions et nos ressentis de ces grands espaces qui nous sont si proches. C’est Bernard Plossu qui écrit la préface, et me livre dans ces quelques lignes ses propres sentiments de ces déserts qu’il a lui aussi parcouru.

ROCK American Landscapes aux éditions TransPhotographicPress 2015  ©Texte & photos jeanluc boetsch

Jean-Luc Boetsch est représenté par la galerie Blin plus Blin

Jean Luc Boetsch

La qualité de son travail a été récompensée à plusieurs reprises, notamment en 1997 et 1998 par "Le prix du jury - Ilford" ainsi qu'en 2000 au concours AGFA noir et blanc présidé cette année là par Sebastião Salgado.

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