Entrevue croisée avec David Merlin Dufey & Olivier Riche, lauréat du Grand Prix du Jury du dernier Nikon Film Festival pour l’un et finaliste pour l’autre mais duo avant tout depuis le début de l’aventure.

Pourriez-vous vous présenter brièvement ?

David : Nous sommes un duo de réalisateurs, nous nous sommes rencontrés il y a dix ans à l’EICAR et depuis nous avons réalisé plusieurs courts-métrages ainsi qu’un long métrage qui est en cours de post-production et en recherche de distribution.

Olivier : Depuis deux ans nous avons monté une structure de production « Autour d’un film productions » avec laquelle nous faisons des films institutionnels ou des prestations pour d’autres structures de productions audiovisuelles.

Pourquoi faire cette interview à deux ?

David : Car même si on a chacun réalisé notre propre film pour le Nikon Film Festival, on s’est beaucoup apporté mutuellement sur le film de l’un et de l’autre. Ce qui fait au final que ce prix nous l’avons quelque part gagné ensemble. On le partage donc, comme cette interview 🙂

David, quel est votre sentiment après avoir reçu le Grand Prix du Jury de cette 5ème édition ?

David : Beaucoup de bonheur, c’est hyper encourageant, ça donne envie de continuer à persévérer et de croire d’avantage à notre façon de travailler avec toute l’équipe.

Racontez l’origine de ce film, d’où est venue l’idée d’un tel scénario ?

David : Le thème m’a vite donné envie de  faire un film sur le fait de ne pas se sentir libre de ses choix par peur de déplaire, par la peur du regard de l’autre, de son jugement, de sa réaction. En somme, le film est surtout sur la peur du conflit. L’homme dans l’histoire préfère se laisser emporter par le courant plutôt que de le contrer. Il est un peu comme une autruche face un lion qui préfère plonger sa tête dans le sol que de lui tenir tête.

Au mariage d’un ami, il y avait un spectacle avec des oiseaux. C’est là que je suis tombé sur Lilou, un hibou Grand Duc femelle, qui avait cette attitude incroyable. Elle était posée sur un mur en pierre avec ce fameux regard. Initialement, j’avais imaginé le film avec un chat. Quand je l’ai vu, je voulais que ce soit elle.

Lorsque Thierry Cadoret, le dresseur, à accepté le projet, j’étais hyper heureux car Lilou permettait vraiment  de pouvoir amplifier l’image cauchemardesque de la peur du regard de l’autre.

Olivier, votre film « JE SUIS ORIENTEE » a été également salué par le jury et le public, pas trop déçu de ne pas avoir eu de prix ?

Ce n’était pas votre 1ère participation au NFF, racontez-nous votre parcours assez singulier.

David : Notre réelle première participation au Nikon Film Festival était pour la deuxième édition « Je suis l’avenir ». Cette année là, on avait fait chacun un court-métrage. Celui d’Olivier était intitulé « Je suis ton prochain envol » et le mien était « Je suis enceinte » mais je n’ai pas eu le temps de le finir à temps. Je ne l’ai donc pas Uploadé sur la plateforme.

Quand on a fait « Je suis fan de mon voisin », c’était une période importante pour nous. Cette année là on cherchait des fonds pour auto-produire notre long métrage « l’assiette de mon voisin ». On a voulu participer une nouvelle fois au Nikon Film Festival en espérant obtenir un prix pour financer une partie de notre long :)? Quand on s’est lancé dans la fabrication du film on a pris conscience que nous n’avions pas co-réalisé ensemble depuis longtemps. Nous avions donc une occasion d’avoir un petit projet en commun avant le futur gros projet. Inconsciemment, cela nous mettais une petite pression. On était donc hyper investi.

Regarder « JE SUIS FAN DE MON VOISIN » par David Merlin-Dufey & Olivier Riche 

Olivier : Finalement c’est devenu notre premier court-métrage de référence. On a fait de nombreux courts-métrages avant celui-ci dans lesquels il y avait toujours des choses maladroites (en mise en scène ou en écriture). Enfin, là, pour la première fois, on avait un film abouti.  Le plus important pour nous sur le tournage était de ne rien lâcher. Si quelque chose ne fonctionnait pas on rebondissait et on faisait autrement. On a eu une sorte de déclic sur ce film par rapport à notre travail.

On a pas été sélectionné dans les cinquante premiers au Nikon Film Festival, mais on a eu le plaisir d’avoir de supers retours sur la plateforme. Le film a aussi gagné le concours MK2. Il a donc été diffusé pendant un an dans les salles Mk2 et sélectionné dans plusieurs festivals dont Interfilm 2014, le festival du court-métrage de Berlin.

L’année suivante, vous revenez avec JE SUIS GRAVE, d’où vous est venue cette idée de scénario ?

David : A une époque, Olivier et moi, chacun de notre côté, on aimait filmer la vie (notamment les soirées entre amis ou les vacances), un peu trop. On a pris conscience avec le temps que filmer la vie faisait qu’on ne profitait pas vraiment de ce qui se passait sur le moment. Cela nous nous faisait passer à côté de beaucoup de choses.

Olivier : A présent, nous ne faisons plus de films de vacances et très peu de photos souvenir. Quand il y a eu le thème du souvenir au Nikon Film Festival, ça nous a donner envie d’exprimer ça.

Quelle a été la différence avec votre première participation ?

David : On sortait du tournage de notre long-métrage qui avait été une expérience très prenante et très intense. Quand on a fait « je suis Gravé » on se sentait léger, on s’est donc surtout fait plaisir.

Olivier : On avait l’impression d’être en vacances, avec une si petite équipe (nous étions 6 au lieu de 20) et sans aucune pression.

 Quels conseils donneriez-vous aux réalisateurs qui n’ont pas été récompensés cette année ?

David : De continuer à faire des films, de se faire plaisir et de ne rien lâcher. En ce qui concerne les récompenses, la roue tourne :). Et c’est pas parce qu’il n’ont pas eu de récompense que leur film n’a pas de valeur. Bref, il faut pas penser à ça et faire des films. De plus que les films peuvent avoir une vie d’en d’autres festivals, récompense ou pas au Nikon Film Festival.

La diffusion au Festival de Clermont-Ferrand était un premier vrai test pour vos films, racontez-nous cette expérience.

David : C’était très sympa. On a pu voir pour la première fois, les réactions en salle du public et surtout nous avons pu rencontrer les autres réalisateurs du festival dans la bonne humeur.

Quelle est pour vous la plus belle des récompenses reçues ?

David : C’est le fait que le film d’Olivier et le mien soient tous les deux nominés pour le Grand Prix du Jury. On fait chacun notre film, pour une fois depuis bien longtemps, et ils se retrouvent l’un à côté de l’autre. On s’est bien trouvé, c’est incroyable !

De quoi avez-vous parlé avec Michel Hazanavicius (président du jury) après la remise de Prix ?

David : Nous avons parlé de notre long-métrage « l’Assiette de mon voisin » et lui du dernier film qu’il a réalisé « The Search ». Il était très simple, très sympa et surtout très humble. Le truc très marrant, par rapport à notre duo avec Olivier, c’est qu’on a appris après coup que Michel Hazanavicius avait beaucoup hésité entre nos deux films pour le prix du jury.

Quels sont vos projets pour la suite ?

David : Depuis la remise des prix, nous avons beaucoup travaillé sur le scénario d’un long métrage dans lequel il y aura les personnages des films « Je suis fan de mon voisin », « je suis gravé » et « je suis l’ombre de mes envies ».  On est plutôt enthousiaste et on va tout donner pour ce film auquel on croit beaucoup.

Olivier : Nous avons aussi été contactés par plusieurs boites de Pub et nous nous sommes engagés depuis avec l’une d’entre elles, dans l’optique de réaliser des films.

Peut-on espérer vous croiser à nouveau sur la 6ème édition en septembre prochain ?

David : Oui, car pour nous c’est un rendez vous annuel qui nous apporte beaucoup de plaisir.
Olivier : Et puis participer au Nikon Film Festival c’est chaque fois une façon de rajouter un court métrage de plus à son actif !

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Si vous souhaitez suivre leur travail, nous vous invitons à visiter : www.autourdunfilm.fr

Prolongez l’expérience en visitant le site officiel du Nikon Film Festival : www.festivalnikon.fr

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