Retour sur la 21e édition du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre soutenu par Nikon.

Le Prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre auquel Nikon est associé depuis sept ans met chaque année à l’honneur le travail de journalistes dont la mission d’information s’avère de plus en plus périlleuse face à la montée de l’obscurantisme et de la barbarie sur tous les terrains de conflits.  Cette édition 2014 était d’ailleurs placée sous le signe de l’émotion, avec la présence des parents des journalistes James Foley et Camille Lepage, tous deux disparus tragiquement alors qu’ils couvraient le conflit en Syrie pour le premier, et les événements en Centre-Afrique pour la seconde. Ils étaient entourés des collègues et amis de ces deux reporters, venus à Bayeux pour l’hommage qui leur était rendu, ainsi qu’à tous les journalistes tués dans l’exercice de leur fonction au cours de l’année écoulée, avec le dévoilement d’une stèle au mémorial des reporters de Bayeux.

Le Prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre, c’est aussi un moment de partage entre les professionnels de l’information et le grand public, venu une fois encore en nombre assister aux soirées de projection et de débat autour de thèmes d’actualité. Parallèlement à ces rencontres publiques, un programme destiné aux scolaires sensibilise aux problématiques de l’information et aide à la compréhension des événements qui embrasent le monde, avec l’éclairage des journalistes qui les ont couverts.

Crédit photo : Guillaume Cuvillier

La ville de Bayeux a accueilli plusieurs expositions retraçant notamment l’actualité marquante de l’année écoulée. Cette année, l’exposition du photographe Laurent Van Der Stockt a particulièrement retenu l’attention du public et des médias. Et pour cause : ses images des conséquences du conflit Syrien sur les populations civiles s’affichaient en grand format dans la cathédrale de Bayeux, dans un respect total de ce lieu de culte et de son architecture. Cette exposition de photos montrant les victimes innocentes d’un conflit qui déchire le peuple syrien avait, selon les propres mots de l’Evêque du diocèse, toute sa place dans un lieu dédié à la prière, mais aussi au recueillement et à la réflexion. Il y voyait aussi un symbole d’ouverture fort entre chrétiens et musulmans.

Crédit photo : Guillaume Cuvillier

L’exposition de Maria Turchenkova

Parallèlement, l’exposition de la photographe Maria Turchenkova, soutenue par Nikon, montrait à travers les rues de la ville les images du conflit en Ukraine prises par cette jeune journaliste de 27 ans. Pour la petite histoire, cette photographe autodidacte s’est armée d’un compact Coolpix A pour passer inaperçue et prendre des clichés plus librement, sans faire aucun compromis sur une qualité d’image qui autorisait l’exposition de sa production en format géant.

Crédit photo : Maria Turchenkova 

Dans la même idée d’apporter son soutien aux jeunes photographes Nikon a, comme l’année dernière, offert à dix reporters en début de carrière un atelier de trois jours animé par deux photographes de l’Agence VU’, Mickaël Zumstein et Cédric Gerbehaye. Ce workshop avait pour but d’accélérer l’apprentissage de ces reporters en herbe en matière de construction de sujets, d’editing, de diffusion de leur travail…

Mohamed Al Shaikh, Prix Photo Nikon

Le Prix Bayeux Calvados, c’est aussi des trophées remis chaque année aux meilleurs reportages réalisés en télé, radio, presse écrite et photo. C’est tout naturellement les prix photo et web-documentaire que Nikon récompense chaque année. Cette année, c’est le projet « Nine Cities » réalisé par quatre photographes sur l’après-guerre dans la ville de Grozny qui remporte le trophée du web-documentaire, et le photographe de l’AFP Mohamed Al Shaikh qui remporte le trophée photo avec un reportage sur le soulèvement populaire dans le tranquille royaume de Bahreïn.

Mohammed Al Shaikh, photographe bahreïnien, devient photographe pigiste en 1999 pour des magazines locaux. Il rejoint l’AFP en 2011 et couvre depuis les conflits politiques et l’actualité de Bahreïn. Tout au long de sa carrière, Al Shaikh a déjà gagné plus de 200 prix lors de concours internationaux de photographie.

Des femmes manifestent pour protester contre la disparition de Ahmed Al-Mosajen et Ali Abbaslors, le 25 avril 2014 à Al-Maqsha.  Les deux hommes ont été tués dans l’explosition de leur voiture dans un village shiite, le 19 avril 2014.  AFP PHOTO/MOHAMMED AL-SHAIKH

Un manifestant s’oppose aux forces de l’ordre, le 3 décembre 2013 à Sanabis. Les manifestants protestent contre la mort de Ahmed Abdul Ameer, un adolescent de 15 ans décédé des suites de ses blessures, survenues lors d’une manifestation, selon sa famille. AFP PHOTO/MOHAMMED AL-SHAIKH

Des manifestants s’abritent derrière un bouclier lors d’un affrontement avec la police anti-émeute, le 3 mars 2014 à Daih. Les manifestants s’indignent de la mort de Jaffer al-Durazi, décédé à l’hôpital et détenu depuis décembre 2013 par les autorités. AFP PHOTO/MOHAMMED AL-SHAIKH

Des femmes brandissent des portraits de manifestants, le 13 avril 2014 à Diraz, qui ont été blessés lors de rassemblements à l’occasion desquels ils protestaient contre l’emprisonnement d’activistes politiques. Depuis le soulèvement de 2011 en faveur de réformes démocratiques, de violentes manifestations ont fréquemment lieu dans des villages proches de la capitale. AFP PHOTO/MOHAMMED AL-SHAIKH

 Des femmes se recueillent devant le portrait de Sayed Mahmud Sayed Mohsin, 15 ans,  qui aurait été tué par balle par les forces de sécurité, lors d’une manifestation le 24 mai 2014 à Mohsin. AFP PHOTO/MOHAMMED AL-SHAIKH

Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://www.prixbayeux.org/

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