Avec la série NIKKOR MotionGallery, Nikon présente des œuvres d’artistes de haut niveau, actifs dans une variété de genres. Découvrez le film court « Paris Je T’Aime », réalisé par la vidéaste française Stella Libert. Il est entièrement tourné avec du matériel Nikon.

PARIS JE T’AIME par Stella Libert

Cette vidéo présente un couple d’athlètes Parkour*. Le mouvement acrobatique à travers les rues de Paris met en évidence le contraste de la combinaison d’une architecture ancienne et nouvelle.

Stella Libert est une vidéaste française à la pointe de la technologie. Basée à Paris, elle travaille en Europe et à l’international comme directrice de la photographie pour des publicités télévisées, des vidéoclips et des courts métrages. « Paris Je T’aime » marque sa première aventure en tant que réalisatrice. Son excellent sens de la direction artistique et sa créativité associée à sa facilité d’usage des nouvelles technologies lui garantissent un avenir brillant.

Making-Of « Paris Je T’Aime »

INTERVIEW DE STELLA LIBERT

Pourriez-vous nous raconter l’origine du projet ?

J’ai d’abord été contactée par Nikon Japon. Ils m’ont fait part de ce concours de scénario pour la NIKKOR MOTION GALLERY. Ce film est le 5e d’une série commencé il y a quelques années par Nikon. Ils souhaitaient réaliser un film en France. Le thème était libre mais l’attrait pour la ville de Paris implicite.

Simon Nogeira et Vicky Schmidt

J’ai ensuite rencontré Simon Nogeira, champion de France de Parkour par l’intermédiaire d’une passion commune : l’escalade. Je lui ai parlé du projet et du scénario. Il a montré dès le début un investissement et un enthousiasme pour le film.

Le personnage féminin est interprétée par Vicky Schmidt, athlète de Parkour d’origine Suisse. Tous deux avaient déjà collaboré ensemble et s’appréciaient. C’était donc parfait pour afficher une complicité à l’écran. Il était important pour moi de montrer que la pratique du Parkours était unisexe. Même si les filles sont moins nombreuses.

Pourquoi avoir choisi d’associer le Parkour et l’architecture parisienne dans ce film ?

Paris est la ville où je suis née et où j’ai grandit. Je l’ai arpentée pendant des années à pied, en vélo mais aussi en roller. Les notions de déplacement dans la ville, d’appropriation des espaces urbains, le corps en mouvement m’ont toujours intéressées. J’ai vu dans le parcours une dimension supplémentaire : celle du point de vue. Cela autorise à voir la ville différemment, en dehors des trottoirs, avec de la hauteur parfois et la continuité d’une quête de liberté.

Je trouvais intéressant de réunir les 2 personnages sur les toits de vieux immeubles Parisiens. L’idée était de les faire évoluer aussi la nuit dans un Paris historique immuable et d’y opposer la pratique novatrice, libre et non figée du Parkour. Au final, le film joue de ces contrastes et cherche à faire naitre des oppositions.

Quel matériel a été utilisé pour ce tournage ?

Le tournage s’est en tout déroulé sur 2 journées. Le planning était extrêmement chargé. Les lieux de tournage étaient éloignés les uns des autres. Filmer des athlètes de Parkour demande également de la réactivité, des prises de vue en courant et la multiplication des points de vue propre à de la cascade. Tous ces paramètres ont influencés évidemment nos choix techniques.

« J’ai tourné avec 3 boitiers, 2 Nikon D5 et un Nikon D810 »

Les dates de tournage coïncidaient également avec l’apparition sur le marché du nouveau boitier 4K de Nikon, le D5. J’ai décidé de tourner avec 3 boitiers. Avec 2 Nikon D5 et un Nikon D810, nous pouvions exploiter un nombre d’images important et garder du dynamisme au montage tout en optimisant le temps de prise de vue. J’ai choisi d’utiliser des gyros stabilisateurs en support des caméras pour avoir des images en mouvements très fluide.

Nous avons utilisé un Stabone développé par la société Access Motion. Nous y avions installé un Nikon D5, avec une commande point HF motorisé ainsi qu’un retour video HF. Sur le 2e stabilisateur, nous avons privilégié la légèreté de manière à pouvoir se mouvoir et sauter facilement les obstacles. Puis nous avons mis un Nikon D810 sur un Pilotfly H2 avec des optiques fixes légères du à la contrainte de poids maximale de 1,9kg de ce plus petit gimbal. Le 3e boitier a été utilisé avec des focales longues, un 300mm et un 70-200m sur monopole. Cela permettait d’aller chercher des expressions sur les visages de Simon et Vicky ou des détails sur les corps en action.

« Tournage de jour et de nuit »

Sur le tournage, les boitiers D5 ont été associé à des supports d’enregistrements externes compactes Pix E5 de chez Sound Devices. Ils étaient configurés en 422HQ10BIT afin de tirer parti au mieux du signal en sortie HDMI. Nous pouvions ainsi récupérer à l’étalonnage un maximum de latitude d’exposition et d’informations notamment en nuit.

Pour le tournage de nuit nous avons privilégié les focales fixe à grande ouverture, le 24mm f/1.4 ED, le 35mm f/1.4G, le 50mm f/1.4G et le 85mm f/1.4G, et la sensibilité des boitiers  entre 800 à 3200 ISO maximum. Nous avons aussi mis en pratique le système VR (Vibrations Réduction) en utilisant les optiques zooms comme le 24-70mm f/2.8E G ED VR et le 16-35mm f/4 ED VR pour plus de stabilité dans les mouvements.

A l’étalonnage, malgré les résolutions différentes nous n’avons eu aucun mal cependant à mélanger les Nikon D5 avec le Nikon D810. Nous n’avons pas eu de monte de bruit signifiante sur les scènes tournées en nuit.

D’un point de vue directrice de la photographie, quelles sont les spécificités de la gamme Nikkor ?

Au fil des décennies, Nikkor a développé une gamme de plus en plus performante en terme de motorisation, de stabilisation, de rapidité d’auto focus ; sans oublier le traitement anti reflet mono couche et multicouche des optiques.

La qualité ou les défauts d’une optique ne se résument pas au traitement de surface. La formule optique,  montage des lentilles, centrage, peinture interne, forme du diaphragme, sont également tous à prendre en compte. C’est un aspect auquel la video va être sensible pour apporter une douceur ou un contraste à l’image, des effets de flair désirés ou non.

« 2 optiques pour moi font exception: le 100 m F/2 et le 50mm F/1.89 »

Je trouve intéressant de marier des optiques plus anciennes avec des cameras numériques dont la résolution élevée ne cesse de progresser. J’utilise donc d’anciens objectifs de la fin des années 80, de la série E, pré AI-S. Je trouve ainsi les aberrations chromatiques encore plus présentes et le rendu optique moins piqué sur cette série. L’absence de traitement des lentilles m’intéresse  aussi particulièrement. Malgré tout, 2 optiques pour moi font exception: le 100 m F/2 et le 50mm F/1.89 (que j’utilise plutôt a f/2.8).

J’aime ainsi beaucoup utiliser le 100MM F/2 série E, de construction très basique, pour le portrait. Le bokeh est très beau, la qualité des flous d’arrière plan amène de la douceur dans les visages. Nous avons d’ailleurs pour habitude de passer nos optiques cinéma pour évaluer leur performance en terme de «piqué» sur un appareil utilisant la notion de courbe FTM. Ces deux-là s’en sortent très bien. J’utilise  ces 2 optiques notamment en documentaire sur une caméra comme la FS7 ou en clip et pub sur une Red Epic X.

« le Nikon 28mm 2.8 AIS »

Pour des optiques manuelles AIS plus récentes, j’utilise beaucoup ce trio : le Nikon 28mm 2.8 AIS, le Nikon 50mm f/ 1.2 AIS ultra robuste et léger, et le Nikon 85mm f/1.4 AIS avec ces 9 lamelles de diaph qui font des flous magnifiques. Une optique rare que je n’ai pas eu l’occasion de tester est le 28mm f/1.4D AF, un grand angle dont la réputation n’est plus à faire. La qualité du rendu des couleurs est également selon moi un des atouts des optiques AI et AIS Nikkor.

La possibilité de dé-cranter la bague de diaph sur les optiques permet de les utiliser aisément pour le cinéma. Il faut parfois faire évoluer le diaph en douceur pendant un plan. Enfin, cela permet aussi de pouvoir motoriser la bague de diaphragme avec un moteur HF pour des plans au steadicam ou à l’épaule par exemple.

Quelles sont vos prochaines envies ?

Je suis très curieuse d’essayer la video à 360° comme la KeyMission de Nikon. Je pense que pour une video subjective de Parkour cela pourrait être bluffant.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page officielle du projet sur nikkor.com

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