Gagnant du Grand Prix d’Auteur de la Fédération Photographique de France, Frédéric Fouchet s’est vu décerné, pour cette série « New York variations » le 16 mai 2015 un kit D750 + AFS 24-120/4 !

La série photographique de Frédéric Fouchet, qui a remporté le Grand Prix d’Auteur de la Fédération Photographique de France 2015, est un travail admirable qui joue sur plusieurs tableaux.

D’abord on y retrouve toutes nos attentes et nos clichés chers à cette Amérique si proche de nous et portant si lointaine : scènes urbaines hautes en couleur, verticalité des immeubles, grouillement de personnes, d’affiches ou de néons, taxis typiquement newyorkais… Et surtout… ces couleurs… qui éclaboussent et qui dégoulinent de partout. De ces images au format carré – un format plutôt sage, d’habitude – s’échappe un bouillonnement visuel, dû vraisemblablement au fait que les photos sont souvent inclinées à gauche ou à droite, semblant danser entre elles sur un rythme afro-américain !

Manhattan la blanche… Harlem la noire… la vision que nous en montre l’auteur nous plonge dans le contraste de deux mondes tellement opposés et pourtant tellement complémentaires… Dans ces petits morceaux de carton polychromes de Harlem, Frédéric Fouquet nous montre des personnages de la ville noire saisis dans un environnement multicolore où l’on a le sentiment de vivre dans une fête foraine perpétuelle, alors que les images de la ville blanche semblent, elles, plus désincarnées, avec des hommes et des femmes que l’on imagine presque prisonniers de leurs buildings, de leurs voitures… un univers clôt et secret qui ne semble s’ouvrir à la frénésie de la vie que la nuit avec l’explosion des néons !

Cette belle série se regarde avec le cœur plus qu’avec les yeux… comme on écoute un morceau de jazz – du John Coltrane par exemple. Et c’est bien alors à une véritable explosion de couleurs – comme les notes chromatiques exacerbées d’un saxophone – que nous avons droit. Quelle plus belle invitation au voyage !

Frédéric, racontez-nous !

C’est ma passion des voyages qui m’a incité à photographier (ou peut être le contraire), une pratique longtemps en pointillé et stimulée lors de vacances trop courts.

Des débuts en argentique, le noir et blanc, les pellicules que l’on déroule et les heures passées sous l’agrandisseur du photo club du lycée, toujours en pointillé. Puis ce sont les années diapositives, mes années de Fac, les couleurs captées lors de voyages en Amérique latine, les soirées de projection, Mais finalement c’est le numérique qui va envahir mon temps libre, sa masse de clichés, l’ordinateur, le post traitement, ma curiosité.pour le huitième art  s’éveille.

Viens ensuite le besoin de progresser et de confronter mes photos au regard des autres, je participe alors à quelques expositions et concours de photos de voyage, comme le célèbre TPOTY qui m’accepte plusieurs fois dans ses finales, la passion m’envahit inéluctablement. Voilà maintenant cinq ans que je suis affilié à la Fédération , c’est la que je découvre le travail d’auteur, une approche de la photographie qui va complètement modifier mon rapport à l’image et m’inciter à faire les photos qui me correspondent vraiment.

Je me considère donc photographiquement comme un adolescent, un adolescent qui recherche son identité photographique en s’inspirant des maîtres qu’il affectionne (Ernst Hass, Mario Giacomelli, Daïdo Moriyama…..) et qui par la pratique et l’expérience essaye de grandir tout en traçant sa route.

 Parlez-nous du  Grand Prix d’Auteur de la Fédération Photographique de France

En fait ce n’est rien moins que le Prix le plus prestigieux de la Fédé (avec le Grand Prix de la Création) car il consacre une démarche d’auteur photographe. Il correspond à un « Prix décerné par une école de photographie », vu la sélection drastique dont fait preuve un jury de professionnels de l’image (hors fédé).

Pour participer, chaque membre de la FPF peut envoyer un portfolio de 25 à 30 images. Voici ce que nous dit le règlement en ce qui concerne le contenu :

Chaque candidat devra présenter un dossier cohérent dans le sujet qu’il souhaite traiter, ainsi que dans la forme et la présentation. Il est responsable du respect des droits concernant la propriété intellectuelle des œuvres présentées.

Mais surtout : C’est le regard photographique porté par l’auteur sur son sujet plutôt que la chose photographiée elle-même, qui sera privilégié pour décerner ce Prix.

On comprend qu’au-delà de la simple originalité des travaux présentés, d’autres critères seront pris en considération ! Ainsi est-il nécessaire d’avoir un fil rouge dans sa série pour qu’elle soit cohérente. La présentation jouera également un rôle important. Et, bien sûr, pour se démarquer, l’auteur devra proposer une vision « nouvelle » du monde ou de son monde à lui… Il devra étonner par son sujet et aussi par la réalisation photographique de son idée.

Pas facile d’être novateur dans un univers d’images (plus de 8 milliards de photos prises chaque année) ! C’est bien ce qui rend ce Grand Prix d’Auteur si recherché et si prestigieux.

Nous avons parlé de ce qu’attend le jury des travaux présentés. Voyons voir comment il était composé en 2015. Lors du jugement, nous avions quatre juges très compétents : Sylvie Hugues, ancienne Rédactrice en chef du magazine Réponses Photo, Gérard Videmment, Rédacteur en chef du magazine Compétences Photo, Thomas Goupille, Directeur de la publication « Cinq26 » et de Jean-François Héry, Photographe professionnel et animateur de club photo.

Il s’agissait d’un jury habitué à manipuler beaucoup d’images, un jury qui a trouvé tout de suite dans les photos de Frédéric Fouchet le petit plus qui a fait toute la différence !

Analyse de Philippe Litzler, Rédacteur en chef de France Photographie

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