Eric Forey arpente les villes à la recherche des paysages urbains qu’il affectionne photographier. Nous l’avons interviewé pour en savoir plus sur son travail…

Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer comment vous avez commencé la photo ?

Je m’appelle Eric Forey, j’ai 47 ans, je vis en région lyonnaise et je pratique la photo pratiquement depuis toujours, en autodidacte. J’ai la chance d’avoir eu un père fan de photo qui m’a offert mon premier reflex pour mes 9 ans. Mon père était plus intéressé par l’aspect technique de la photographie ; moi j’ai tout de suite aimé essayer de regarder autrement, même si à l’époque le prix des développements associé à la modestie de mon argent de poche ne permettaient pas de laisser totalement libre cours à ma créativité.

J’ai donc appris tout seul la technique essentiellement par l’expérience et la lecture de quelques magazines techniques. Vers 12-13 ans je maitrisais plutôt bien les aspects techniques de base et le trio ouverture/vitesse/sensibilité. C’est aussi ma passion pour la peinture qui m’a aidé à comprendre comment composer. Contrairement à la technique je continue tous les jours à apprendre quant aux compositions et aux contenus de mes photos.

Le numérique est venu compléter mes outils pour créer ce que j’imaginais. Je suis devenu professionnel doucement, pour répondre aux demandes de formation ou de vente ou toutes autres interventions liées à la photo et nécessitant un statut professionnel. Parmi les dernières commandes que l’on m’a soumis, la réalisation de toutes les images ayant accompagné la sortie mondiale du Nikon COOLPIX S9900. Bel exercice que d’obtenir des résultats professionnels avec un compact et absolument aucune retouche.

Comment décririez-vous votre approche et votre style photographique ?

Je suis un photographe spécialisé en photographie urbaine. Attention à ne pas confondre avec photo d’architecture car cela me mets en rogne ! C’est trop restrictif. J’ai d’ailleurs publié il y a deux ans un livre s’intitulant « Photographier l’urbain« , pour montrer toutes les palettes photographiques offertes par la ville. Une édition mise à jour et complétée de cet ouvrage doit sortir en septembre chez un nouvel éditeur.

J’aime les éléments et les angles inattendus. J’aime montrer la ville sous son meilleur jour. J’agis avec elle comme un portraitiste le ferait avec une personne qu’il photographie. J’utilise toute mon expérience et mon savoir-faire pour la rendre belle ou tout du moins intéressante. J’aime montrer ce que personne ne regarde.

Au niveau photographique, je suis attiré par les paries modernes des villes, que ce soit pour l’architecture ou la vie qui s’y développe. J’aime quand les gens qui regardent certaines de mes photos me disent « c’est beau » alors que s’ils étaient en face de l’endroit directement ils diraient plutôt « c’est moche ». J’aime donner envie de regarder la ville comme terrain de chasse photographique.

Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Mes sources d’inspirations sont essentiellement des peintres et non des photographes : Hopper, Rothko, Mondrian… En photo je dirais André Kertész, pour ses noirs et blancs, ses photos de solitudes urbaines, ses obsessions photographiques proches des miennes, Saul Leiter pour son art de la couleur, sa simplicité exquise et les deux pour leur caractère totalement urbain. Je rajouterai aussi Gursky et toute l’école de Dusseldorf pour la manière dont ils ont un peu fait exploser l’approche classique.

Qu’avez-vous découvert grâce à la photographie ?

J’ai découvert des endroits absolument incroyables en me perdant lors de mes balades photos. J’ai découvert de nombreux coins de France grâce à mes expos. J’ai découvert le plaisir de partager mon savoir en écrivant des livres plus basés sur l’inspiration que sur la technique et en animant des formations. Enfin, j’ai découvert que l’on pouvait passer du plaisir solitaire des prises de vues aux plaisir collectifs des rencontres diverses et variées autour de la photo.

Quel matériel utilisez-vous pour vos prises de vues ?

Je suis amoureux de mon D800, je retrouve le plaisir que j’avais avec mon F801-s, Nikon mythique et mon premier bel appareil. Comme objectif monté en permanence j’ai le NIKKOR 28-300mm qui me permet de répondre à quasi toutes les configurations si une photo se présente à moi. Quand je suis plus en balade dédiée spécifiquement à la photo je monte le NIKKOR 24-70mm f/2.8 et j’ai dans le sac ses deux frères, le NIKKOR 14-24mm et le NIKKOR 70-200mm VRII le tout à ouverture constante f/2.8. En fonction des circonstances je peux leur adjoindre le 50mm f/1.4 ou le 85mm f/1.8. En parallèle j’utilise également un moyen format argentique pour d’autres approches photo.

Avez-vous des projets, expos, publications à venir que vous voudriez partager avec nos lecteurs ?

J’expose en juin dans le Périgord au château d’Excideuil sur invitation et en compagnie de Fanny Dumain une jeune photographe actuellement en Dordogne. Une version actualisée et enrichie de mon premier livre « Photographier l’urbain » sera également bientôt disponible. Mon deuxième livre qui traite des séries photographiques « Serial Photographer » sorti fin 2014 aux éditions Pearson est toujours en vente dans toutes les bonnes librairies.

Je suis également en réflexion pour la mise en place d’un projet autour de nouvelles que j’écris et de photographies.

Eric Forey

Photographe à la recherche de paysages urbains.

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