Depuis 2002, Laurent Baheux réalise des photos en noir et blanc sur la faune sauvage d’Afrique, un travail qui a donné lieu à huit livres et de nombreuses expositions. Nous avons voulu en savoir plus sur ce chasseur dont les armes sont ses téléobjectifs.

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?

J’ai débuté en photographie par la voie des médias lorsque je pigeais pour un quotidien à Poitiers. A l’époque, je suivais l’actualité sportive et écrivais les comptes rendus des rencontres. La rédaction en chef m’a demandé si je pouvais illustrer mes articles par des photos prises lors des événements. J’ai accepté et peu à peu, mon goût pour l’image a pris le pas sur mon goût pour le texte.

La planète regorge de trésors fantastiques et je n’en ai exploré qu’une infirme partie. J’aimerais aller partout où la vie sauvage s’exprime en grand.

Laurent Baheux

Je suis devenu photoreporter à temps complet dès 1998 lorsque j’ai intégré une des principales agences de presse sportives à Paris. En 2002, j’ai entamé un travail personnel sur la vie sauvage en noir et blanc, notamment sur la faune d’Afrique. Je me consacre désormais exclusivement à la photographie de nature, d’animaux et de paysages.

Quels sont vos projets photographiques actuels ?

Je travaille actuellement à la sortie de mon prochain ouvrage qui paraîtra aux éditions teNeus et co-édité avec YellowKorner. The Family Album of Wild Africa, qui réunit 300 photos dont près de la moitié est inédite, sera disponible à la rentrée. J’ai également débuté des séries sur l’Amérique sauvage et sur l’univers du froid.

Pourriez-vous nous raconter une séance photo qui vous a particulièrement marquée ?

Il y a une photo que je n’aurais jamais imaginé faire : celle d’un zébron qui saute au-dessus de sa mère. Je suis alors l’œil dans l’objectif lorsqu’il grimpe soudainement sur un talus et se retrouve juste derrière elle, à hauteur idéale pour franchir l’obstacle face à moi. Surpris mais concentré, je déclenche. Morris, mon guide kényan, qui a observé la scène est encore plus euphorique que moi : « Laurent est-ce que tu l’as ? Est-ce que tu l’as ? ». En une vingtaine d’années à parcourir les pistes, il n’avait jamais vu ça.

Que feriez-vous si vous n’étiez pas devenu photographe ?

J’ai mis toute mon énergie à devenir photographe professionnel malgré les obstacles et les contraintes. Je ne sais pas ce que j’aurais pu faire d’autre.

Quels sont les photographes que vous admirez le plus ?

J’aime les images en noir et blanc et je suis inspiré par des photographes dont le travail s’appuie sur cette technique comme notamment Ansel Adams, Peter Beard, Richard Avedon, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau ou encore Sebastiao Salgado.

Quel matériel utilisez-vous ? Avez-vous recours à des techniques de post-traitement spécifiques ?

Je travaille avec du matériel Nikon et souvent avec un gros téléobjectif : un NIKKOR 800mm f/4. Avec le boitier, cela fait environ 6 kg, mais j’ai l’habitude de photographier à main levée et le poids ne me gène pas. Le 800mm me permet d’avoir une grande proximité avec les animaux, de cadrer serré sans les déranger. J’utilise aussi le 80-400mm et le 70-200mm ; c’est ce qui se trouve en standard dans mon sac. Ensuite, je peux aussi me servir du 50mm et du 24-70mm, mais c’est plus rare.

La post-production est chez moi synonyme de temps. Je travaille lentement et j’ai besoin de « digérer » mes images avant de les développer. Au développement, je me contente en général de toucher au contraste, pour avoir des noirs bien denses. La photo est faite lors de la prise de vue, pas après.

Qu’aimeriez-vous photographier ?

La planète regorge de trésors fantastiques et je n’en ai exploré qu’une infirme partie. J’aimerais aller partout où la vie sauvage s’exprime en grand.

Un conseil pour les photographes amateurs ?

De s’affranchir des règles et des prérequis pour révéler leur propre regard.

Pensez-vous que les réseaux sociaux soient devenus indispensables pour les photographes ?

L’apparition et le développement des réseaux sociaux ont considérablement fait évoluer les possibilités de communication et d’échanges. On peut maintenant toucher le grand public sans relais ou intermédiaires. Inversement, les gens peuvent nous contacter directement et découvrir notre univers. C’est une opportunité et une source d’émulation incroyables qui ouvrent de larges perspectives, y compris à l’international.

Découvrez également son nouveau livre « The Family Album Of Wild Africa »

Laurent Baheux

Depuis 2002, Laurent Baheux réalise des photos en noir et blanc sur la faune sauvage d’Afrique, un travail qui a donné lieu à huit livres et de nombreuses expositions.

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