Après La vie ordinaire d’un homme invisible, le photographe Malo revient pour nous sur son dernier projet conceptuel intitulé La vie de château. Mêlant luxe et animalité, cette série de photomontages particulièrement élaborés met en scène de jeunes châtelains évoluant aux côtés de séducteurs félins.

Comment as-tu commencé la photo ?

J’ai grandi dans l’image. J’ai passé beaucoup de temps quand j’étais jeune en laboratoire à tirer les photos que je faisais avec mon Nikon F2. Mais plus concrètement, j’ai repris la photo au début des années 2010.

Comment t’es tu fais connaitre ?

J’ai débuté avec une série de paysage urbain sur New York qui a été sélectionnée en galerie et qui a très bien marché. Puis j’ai commencé à travailler sur des thèmes de société ou familiaux. J’ai coup sur coup fait deux séries, Un jour mon enfant tu seras!qui parle du fantasme des parents sur le devenir de leurs enfants, et La vie ordinaire d’un homme invisible qui traite de l’absence d’un père de famille dans les années cinquante.

Ces deux séries ont véritablement fait le tour du monde sur la toile et ont engendré pas mal de publications. J’ai été sélectionné à la Bourse du Talent, primé au grand concours Bistro Photo et j’ai été approché par la galerie Bettina pour La vie ordinaire d’un homme invisible. Aujourd’hui mon travail est exposé dans plusieurs galeries et j’ai de très bons retours de la part des amateurs de photos.

Comment finances-tu tes projets ?

J’ai autofinancé mes premiers projets. Mais La vie de château était un projet beaucoup trop couteux pour que je puisse le faire seul. J’ai donc lancé un appel à financement participatif sur KissKissBankBank qui m’a permis d’obtenir le début du financement que j’ai complété.

Peux-tu nous parler de ta dernière série photo et de sa réalisation ?

Comme pour La vie ordinaire d’un homme invisible, il s’agit d’une fiction narrative. Elle traite de la jeunesse dorée, de jeunes châtelains affublés de têtes de félins symbolisant la projection « suffisante » qu’ils ont d’eux même. Une image animale, seigneuriale et supérieure. Mais également l’aspect prédateur et carnassier pour les gens qui les entourent.

La série est composée de deux parties. La journée où nous les voyons évoluer dans ces décors luxueux de façon nonchalante et désabusée, le temps semblant s’étirer lentement. Et la soirée où ils sont rejoints par un dandy accompagné de deux jeunes femmes qui vont faire basculer les rapports entre eux et teinter l’ambiance d’une couleur décadente.

Du point de vue de l’organisation, c’était un très gros projet pour une production personnelle. Elle a pris dix mois pour la recherche de financement, de partenaires, du lieu, de l’équipe, de la gestion des problèmes et des obstacles, du shooting dans le château, des photos dans les zoos pour avoir les têtes de félins, de la post-production (environ 15 à 30 heures par photos) et enfin des tirages chez Picto. Heureusement j’ai été très bien accompagné par mon équipe.

Nous avons shooté sur 3 jours seulement, coût de location oblige. J’avais tout préparé à l’avance, le storyboard, les angles de prises de vues et les enchainements de photos. Côté est le matin pour avoir la lumière rasante et en fonction des coiffures des modèles pour ne pas perdre de temps avec un changement du tout au tout. Dès que nous finissions une scène, nous déménagions l’ensemble du matériel et même les meubles car le château n’était pas meublé et nous avons dû ramener deux camions de meubles pour les photos.

Quel matériel as-tu utilisé ?

J’ai travaillé aux Nikon D800E pour bénéficier d’une grande résolution pour les tirages avec un objectif NIKKOR 28mm f/1.8G. Les scènes sont prises en un cadrage. J’aurai aimé travailler avec une focale plus longue et faire plusieurs photos pour ensuite recomposer les scènes en post-production, mais à raison de 7 photos par jour, nous n’avions vraiment pas le temps.

Pour la lumière, j’ai utilisé 5 torches Profoto B1 et toutes sortes de modeleurs. Des boites, des parapluies, des bols et une lentille de Fresnel. J’étais bien équipé, mais éclairer de grandes pièces comme ça n’est pas forcément simple.

Ensuite pour les prises aux zoos, je suis passé sur un Nikon D4s plus adapté pour ce type de prise de vue car plus véloce pour la rafale et pour l’autofocus.

As-tu des nouveaux projets en tête ?

Oui, j’en ai plusieurs, tous un peu compliqués à organiser. Je dois avoir un problème avec les choses simples à faire ! Mais je préfère ne pas encore en parler, pour garder la fraicheur et puis parce qu’ils peuvent encore évoluer en fonction de mes humeurs.

Making-of de “La Vie de château”:

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